Faire face à la menace maritime croissante de l’Iran

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20/06/19

Une fumée noire s’échappe d’un pétrolier après une attaque dans le golfe d’Oman. (Reuters)

Les remèdes maritimes nécessaires pour faire face aux menaces posées par l’Iran et ses mandataires dans les eaux entourant la péninsule arabique doivent être tournés vers l’avenir et avoir un avantage concurrentiel. Face à la menace croissante pesant sur la logistique maritime, il est temps de réfléchir à la situation dans son ensemble. Le réseau iranien de menaces indirectes sur la scène maritime constitue un danger clair et présent. Les attaques asymétriques agressives et la prolifération des drones et des moteurs avancés rendent ces mers arabes extrêmement dangereuses.

Les leçons tirées des menaces maritimes précédentes peuvent être prises en compte. La manière dont les États ont réagi à la piraterie sur les principales routes maritimes – du golfe de Guinée à la Corne de l’Afrique et au détroit de Malacca – a établi un modèle pour faire face aux menaces maritimes. Les convois empruntant certaines voies de circulation constituent un moyen de protection populaire. Il convient également de rappeler que la force navale de l’Union européenne a lancé des frappes aériennes sur des enclaves de pirates en 2012.

Les causes de la piraterie dans les régions susmentionnées sont liées aux conditions socio-économiques locales. Les efforts qui en ont résulté dans les projets de macro et de micro-financement et la formation maritime locale ont permis de mettre fin à la demande d’activités pirates en substituant des revenus illicites à des améliorations des infrastructures. Le secteur de la protection de la sécurité, qui s’est développé autour de la sécurité maritime, a également progressé et des services spécialisés de protection de la sécurité maritime font maintenant partie du paysage industriel en tant que moyen de protéger le transport maritime.

Mais la menace iranienne contre le transport maritime implique maintenant des outils asymétriques tels que des missiles à courte portée, des drones et des mines à patelles. La nécessité de se prémunir contre de telles menaces exige de prendre en compte d’autres facteurs lorsqu’on atténue les menaces dans trois zones ou aspects.

Le premier aspect concerne l’environnement maritime lui-même. Les eaux entourant la péninsule arabique – la mer Rouge, le golfe d’Aden, le golfe d’Oman et, bien sûr, le détroit d’Ormuz – contiennent des milliers de dhows de différentes tailles, ainsi que des navires de moyenne et grande taille et des pétroliers. C’est le trafic de boutres qui constitue la partie la plus difficile du casse-tête, car le grand nombre de ces navires dépasse actuellement la capacité de les surveiller. La capacité pour l’Iran et ses mandataires d’apporter un soutien aux Houthis pour accroître leurs capacités techniques et leur permettre de frapper des cibles saoudiennes et américaines sur terre, en mer et dans les airs n’est possible que grâce à la persistance de la capacité de ce réseau. En ce sens, la sécurité maritime commence sur terre et les sources des capacités de la menace doivent être dissociées. Une utilisation accrue des capacités de surveillance et de surveillance, ainsi qu’un renforcement du partage d’informations sur des voies de navigation maritimes et portuaires spécifiques constitueraient certainement un bon départ, car une reconnaissance agressive est nécessaire. Un groupe de sécurité des opérateurs de ports régionaux est la clé.

Le deuxième aspect va au-delà du déploiement supplémentaire de forces américaines, britanniques et autres dans la région pour la sécurité maritime, avec des capacités d’observation et de protection supplémentaires. Le moment est maintenant venu de mettre tous ces exercices maritimes à la disposition des États-Unis, du Royaume-Uni et des États du Golfe. La raison en est que les marines régionales doivent redoubler d’efforts pour combler les lacunes en matière de protection des côtes et s’intégrer davantage dans le tableau de la sécurité maritime. Une partie du remède consiste ici à mieux utiliser la technologie: combler ces lacunes exige des solutions supplémentaires impliquant des véhicules sous-marins sans équipage et d’autres dispositifs acoustiques avancés de collecte et d’identification médico-légales. Ici, un effort coordonné doit être utilisé pour obtenir les résultats souhaités, tels qu’une meilleure cartographie des actifs maritimes de la région pour identifier plus rapidement les menaces. Le flux des chaînes logistiques autour de la péninsule arabique doit continuer à avancer. Cette étape fait partie de la nouvelle image en matière d’escorte de navires de grande valeur et de protection des plates-formes énergétiques, des emplacements de soutage et des voies de navigation.

Le troisième aspect concerne les industries de la logistique maritime et des assurances. Les taux augmentent déjà rapidement. Ce qui vient ensuite devra être traité avec soin par ces industries, en coordonnant maintenant au lieu de se battre pour les primes et les avenants. Là encore, le partage d’informations est nécessaire – voire obligatoire – pour la transparence du marché, alors que les taux de couverture augmentent considérablement. Il est également nécessaire que, si les événements maritimes entrent dans une phase violente avec des résultats dramatiques, le secteur de la réassurance doit être prêt à jouer son rôle. Le groupe des opérateurs portuaires régionaux mentionné ci-dessus serait tenu d’interfacer plus directement avec ces industries. Enfin, il convient de rappeler que, lorsque les navires sont touchés, le pays et / ou la société touchée déposera des demandes pouvant aller à l’encontre des preuves médico-légales immédiates en raison des demandes en instance et de leurs arguments. La politique de ce paysage spécifique nécessite une observation attentive.

Naturellement, l’environnement est également une préoccupation dans ces cours d’eau. L’Iran et ses mandataires sont capables de créer un désordre toxique. La fumée, les débris et les déversements de produits chimiques sont les déchets du chaos terroriste dans l’arène maritime. Cet environnement délicat fait partie de l’alimentation locale. La capacité de contenir la propagation des polluants à la suite de toute attaque réussie contre le transport maritime ou les infrastructures associées nécessite une technologie de pointe. Le rôle de la gestion de crise et de la défense civile sera également important.

Globalement, la sécurité maritime autour de la péninsule arabique doit s’articuler autour de la coopération en matière de logistique et de prévention des attaques. Cette mission nécessite une coopération et une coordination en termes de vision géopolitique impliquant des chaînes logistiques. Les entreprises dotées de départements de responsabilité sociale d’entreprise doivent créer des programmes communs avec les partenaires gouvernementaux pour un échange rapide d’informations dans une «cellule» de coordination. Cet effort doit aller au-delà des tentatives précédentes et des efforts actuels. La pleine participation de tous les États et de toutes les entreprises est indispensable à la protection des états littoraux des eaux situées autour de la péninsule arabique. En faisant progresser les objectifs et les solutions en matière de sécurité maritime au-delà de l’arène militaire, l’Iran et ses mandataires peuvent être repoussés afin que la navigation reste libre et claire.

Theodore Karasik est chercheur principal non-résident à l’Institut Lexington et expert en sécurité nationale, spécialisé en Europe, en Eurasie et au Moyen-Orient. Il a travaillé pour RAND Corporation et a publié de nombreux ouvrages dans les médias américains et internationaux. Twitter: @tkarasik

Cet article a été publié pour la première fois dans (Arab News)

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