L’Arabie saoudite est reconnue pour ses efforts de lutte contre le trafic d’êtres humains

Diffuser l'info

09/07/20

Cette semaine, l’Arabie saoudite a fait un pas de géant dans la reconnaissance internationale de ses efforts pour lutter contre le trafic d’êtres humains.

Dans le rapport annuel du Département d’État américain sur le trafic des personnes, l’Arabie saoudite est passée d’un pays de niveau 3 en 2019 à la liste de surveillance de niveau 2 en 2020 en ce qui concerne les améliorations majeures de la transparence et de la coordination avec des partenaires mondiaux, tels que l’Organisation internationale pour les migrations ( OIM), pour lutter contre ce crime.

À la suite de l’annonce, l’OIM a noté qu’au cours de l’année écoulée « des efforts importants et concertés ont été faits pour améliorer la réponse du gouvernement [saoudien], et le classement amélioré en 2020 en est le reflet ».

L’Arabie saoudite est passée d’un pays doté d’une infrastructure politique limitée pour lutter contre le trafic d’êtres humains à un pays doté d’un cadre gouvernemental cohérent dédié à la lutte contre le trafic des personnes. Le Comité national saoudien de lutte contre le trafic d’êtres humains (NCCHT), fondé conformément à la loi contre le trafic des personnes, est le centre névralgique du Royaume pour lutter contre le trafic d’êtres humains et rassemble des membres des ministères de l’intérieur, des affaires étrangères, de la justice, du travail et Développement social, culture et médias et la Commission des droits de l’homme autour d’une table.

Le travail du NCCHT va de l’identification des victimes potentielles, à la prévention de leur revictimisation et leur rapatriement dans leur pays d’origine ou à leur réinstallation légale dans le Royaume. Ce mandat vient s’ajouter au développement de campagnes de sensibilisation du public et à la formation d’autres entités gouvernementales pour repérer les trafiquants et leurs cibles.

Le classement amélioré de l’Arabie saoudite célèbre le travail inlassable du NCCHT, qui a dévoilé son mécanisme national de référence (NRM) révolutionnaire en mars 2020. Développé en coordination avec l’OIM et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), le NRM clarifie le rôle de diverses entités gouvernementales et décrit les meilleures pratiques en matière d’identification et de renvoi des victimes aux autorités compétentes. Un aspect intégral du NRM est la formation de professionnels clés chargés de reconnaître les signes avant-coureurs du trafic.

Il est remarquable que le Royaume ait veillé à ce que le travail du NCCHT se poursuive malgré la pandémie de COVID-19. Ces programmes de formation sont offerts à distance, avec des membres du NCCHT et d’autres professionnels qui suivent une formation virtuelle sur la lutte contre le trafic d’êtres humains à travers la prévention des «quatre P:», la poursuite des auteurs, la protection des victimes et la promotion de partenariats au niveau local, national et aux niveaux internationaux.

«Le fait que le programme se poursuive même pendant la pandémie montre l’engagement et la détermination du Royaume à améliorer la riposte nationale à le trafic d’êtres humains», a déclaré le Dr Hatem Aly, Représentant régional de l’ONUDC pour le Golfe.

Ce timing est essentiel. La pandémie de coronavirus, qui a entraîné une augmentation du chômage et des difficultés économiques, menace d’aggraver l’exploitation des travailleurs et d’augmenter le risque pour les personnes vulnérables d’être victimes de pratiques de travail peu recommandables et illégales. L’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée avertit que les pandémies obligent souvent les gouvernements à réduire le financement des activités de lutte contre le trafic et les fonds de soutien aux victimes, tandis que les réseaux du crime organisé saisissent les opportunités pour profiter d’individus désespérés désireux d’accepter un emploi sur les marchés gris ou noir. Le trafic sexuel et le trafic de main-d’œuvre, des délits qui reposent sur une surveillance et une application inégales et de faibles protections politiques, peuvent s’aggraver en période de crise.

Les postes qui attendent des demandeurs d’emploi, en particulier des femmes, peuvent souvent s’avérer inexistants ou complètement différents de ce qui avait été promis à l’origine. La lutte contre cette pratique exige que les employés puissent rompre les contrats avec les promoteurs de visas ou les employeurs informels et demander l’aide des autorités en cas de tromperie ou d’exploitation.

Il est prometteur que l’Arabie saoudite s’efforce de donner aux employés plus de pouvoir pour prévenir les abus.

En 2019, le Royaume n’a renvoyé que 54 cas de trafic pour complément d’enquête par les autorités compétentes. Il est clair que, malgré les défis sans précédent de la pandémie de COVID-19, l’Arabie saoudite a continué de consacrer des ressources à la protection des victimes à court terme tout en s’attaquant au paysage économique et réglementaire plus large pour prévenir les abus sous toutes leurs formes. La mise en place de garanties juridiques supplémentaires et la réforme du système de parrainage pour dissuader les trafiquants potentiels est la première étape importante pour respecter les meilleures pratiques internationales.

L’élévation récente de l’Arabie saoudite du niveau 3 à la liste de surveillance du niveau 2 est une étape importante dans la reconnaissance des progrès du pays vers un modèle plus proactif de lutte contre le trafic d’êtres humains. C’est également un rappel de la détermination du pays à continuer de s’améliorer à cet égard.

Dans le classement de l’année prochaine, il vaudrait bien noter les efforts du Royaume pour lutter contre le trafic d’êtres humains à la lumière de la crise du COVID-19. Bien que les réseaux criminels puissent s’adapter, l’Arabie saoudite investit à long terme dans sa capacité à dissuader les trafiquants et à intercepter ce crime – pandémie ou pas de pandémie.

• Madison Clough est une professionnelle de la communication stratégique résidant dans le Golfe. Elle est titulaire d’une maîtrise en sécurité internationale de l’Université George Mason et se spécialise en communications sur les questions géopolitiques et culturelles.

Cet article a été publié pour la première fois dans (Arab News)

Si vous voulez des nouvelles plus intéressantes ou des vidéos de ce site, cliquez sur ce lien (Arab News)


Diffuser l'info