L’Arabie saoudite tire un dividende de 53 milliards de dollars du statut de marché émergent

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21/02/20

Le pays a finalisé son entrée dans la suite JP Morgan d’indices des marchés émergents (ME)

En septembre 2019, l’Arabie saoudite est arrivée à une étape importante dans son plan de réforme Saudi Vision 2030, qui vise à diversifier l’économie du Royaume loin de sa base de revenus pétrochimiques.

Le pays a finalisé son entrée dans la suite JP Morgan d’indices des marchés émergents (ME). C’était la finale d’une série d’annonces des principaux indices, dont MSCI (Morgan Stanley Capital International), S&P et FTSE (Financial Times Stock Exchange – Bourse de Financial Times), confirmant que l’Arabie saoudite remplissait ses critères d’inclusion.

Ceci est un témoigne du travail de l’Autorité des Marchés des Capitaux et de la bourse de l’Arabie saoudite, Tadawul, qui ont conduit les efforts pour moderniser l’infrastructure des marchés des capitaux du Royaume et la rendre plus conviviale pour les investisseurs.

L’inclusion de l’Arabie saoudite en tant que ME permet son entrée dans les ETF (Exchange-Traded Fund – Fonds Négocié en Bourse), ouvrant le pays à des milliards de dollars d’investissements extérieurs, qui lui seraient autrement fermés.

Par exemple, 1,9 billion de dollars suivent à lui seul l’indice MSCI EM, dont 80% sont actifs et 20% passifs. Compte tenu de cela, la pondération nationale de 2,8% de l’Arabie saoudite représente 53 milliards de dollars supplémentaires de flux de capitaux étrangers vers le pays.

À l’horizon 2020, les investisseurs doivent tenir compte de plusieurs considérations. Parmi ceux-ci, les plus importants sont les prix du pétrole et un ralentissement simultané de la croissance, les tensions géopolitiques régionales et – une aubaine potentielle pour les investisseurs – la montée de la FinTech dans la région.

Cette année, les prix du pétrole ont oscillé entre 55 $ et 75 $ le baril dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale, de tensions commerciales et de risques géopolitiques.

Les fortes réductions de la production de pétrole – entreprises dans le but de faire monter les prix – ont freiné la croissance, en plus de la faiblesse de la demande extérieure.

En conséquence, la croissance du produit intérieur brut (PIB) saoudien devrait ralentir, passant de 2,4% en 2018 à 0,2% cette année. À travers le CCG (Conseil de Coopération du Golfe) dans son ensemble, le PIB devrait décélérer à 0,7% contre 2% en 2018.

La géopolitique volatile de la région a été mise en évidence en septembre lorsque des attaques de drones ont visé l’industrie pétrolière saoudienne. En effet, un récent rapport « L’Avenir de la Richesse » d’UBS, qui a sondé l’opinion des investisseurs du monde entier, a révélé que 83% des investisseurs aux EAU, l’un des six membres du CCG, pensent que la géopolitique est plus un moteur des marchés que les fondamentaux des entreprises.

Malgré le contexte géopolitique difficile, à l’échelle mondiale, les investisseurs aux Émirats Arabes Unis sont les plus optimistes quant aux rendements de la prochaine décennie: 85% contre 69% aux États-Unis, 65% en Asie et 72% dans la région EMEA.

Un point positif potentiel pour les investisseurs du CCG à l’approche de 2020 est la montée du secteur technologique. Des groupes mondiaux, dont Amazon, qui a choisi Bahreïn pour lancer son premier centre de données dans la région, affluent pour desservir les populations jeunes et technophiles de la région.

Le développement d’un écosystème de technologies financières est également un élément important de la stratégie de diversification économique de l’Arabie saoudite Vision 2030. Il est considéré comme essentiel pour élargir la base d’investissement du pays et faire la transition vers une économie numérique sans numéraire. À cette fin, l’Autorité monétaire saoudienne a lancé FinTech Saudi en avril 2018 pour catalyser le développement de l’industrie.

Le CCG est également à la pointe de l’innovation dans le domaine des actifs numériques. Plus tôt cette année, la Bourse des Valeurs d’Abu Dhabi a approuvé une plate-forme de négociation de devises numériques, et le fonds souverain du pays a investi dans cette entreprise.

L’Arabie saoudite et la région du CCG au sens large exploitent les marchés émergents à plus d’un titre. Le Royaume a un passé très ancien – la préhistoire du pays montre certaines des premières traces d’activité humaine dans le monde – mais sa société et son infrastructure commerciale sont en pleine mutation. De l’accueil dans la capitale extérieure à l’adhésion avide aux actifs numériques et à l’espace FinTech, quoi que ce soit au-delà de 2020 pour le Royaume et la région, il promet d’être innovant, rapide et créatif. Cependant, il est vital pour la santé à long terme de la profession que l’innovation et l’énergie transformatrice dans des preuves aussi évidentes soient étayées par de solides normes professionnelles.

Nous avons un rôle vital à jouer dans le développement des marchés des capitaux de la région par la mise en place de ces normes et, surtout, l’éducation. Le Royaume est l’un des marchés dont la croissance est la plus rapide dans la région MENA (Middle East and North Africa – Afrique du Nord et Moyen-Orient ANMO) et nous nous félicitons de son engagement à accroître la transparence et à faire passer les intérêts des investisseurs en premier. Nous encourageons également davantage de pays de la région à promouvoir l’équité, la transparence et l’éthique dans la profession d’investissement.

Cet article a été publié pour la première fois dans (Arab News)

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