Le régime hypocrite de l’Iran accroît les activités de ses espions étrangers

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27/01/19

Le commandant de la force Quds des gardiens de la révolution iraniens, le général Qassem Soleimani. (AFP)

Les dirigeants iraniens prêchent que les nations doivent respecter la souveraineté des autres États et ne doivent donc pas s’immiscer dans les affaires intérieures de l’Iran ou de ses alliés, tels que la Syrie. De telles déclarations semblent être de la pure rhétorique, car les récents développements montrent clairement que le régime ne met pas en pratique ce qu’il prêche.

En plus de son aventurisme militaire au Moyen-Orient et de son ingérence dans les politiques intérieures d’autres pays, le régime iranien intensifie le recours à des espions et à des agents spéciaux pour s’immiscer dans le paysage sociopolitique, religieux et socioéconomique d’autres nations. Cette politique n’est pas seulement appliquée au Moyen-Orient, mais également aux États-Unis et dans l’UE.

L’Iran utilise de plus en plus des agents qui ont très peu de chances d’apparaître ou d’être détectés comme des espions. Par exemple, le Département de la justice des États-Unis l’année dernière a déclaré que deux personnes agissaient en tant qu’espions de la République islamique. L’un d’eux, Majid Ghorbani, 59 ans, travaillait dans un restaurant persan en Californie. Ahmadreza Mohammadi Doostdar, 38 ans, est un citoyen américain d’origine iranienne. Doostdar est à la fois citoyen iranien et américain. Ils ont été accusés d’espionnage dans des locaux juifs et israéliens, ainsi que de collecte d’informations sur des membres des Moudjahidine du peuple Khalq.

Cela va probablement causer plus de tension et imposer la peur au sein de la communauté persane, principalement centrée sur la Californie. La pratique d’actes d’espionnage aux États-Unis constitue également un danger pour la vie des Américains, car le régime de Téhéran considère les États-Unis comme le «grand Satan», leur principal ennemi, et s’efforce de nuire à sa sécurité nationale. Le procureur général adjoint John Demers a reconnu que: «Doostdar et Ghorbani auraient agi pour le compte de l’Iran, notamment en surveillant les opposants politiques et en se livrant à d’autres activités susceptibles de mettre les Américains en danger. Avec leur arrestation et ces accusations, nous cherchons à demander des comptes aux accusés».

«La Force Qods est mandatée pour opérer principalement à l’étranger afin de promouvoir l’idéologie révolutionnaire et les intérêts géopolitiques de la République islamique».  Dr. Majid Rafizadeh

Une idée fausse répandue est que le ministère iranien des services de renseignements est l’unique responsable de ces activités, mais la Force Qods, dirigée par Qassem Soleimani et qui est la branche élite du Corps des gardes de la révolution islamique, est une institution cruciale à garder à l’esprit. La Force Qods est mandatée pour opérer principalement à l’étranger afin de promouvoir l’idéologie révolutionnaire et les intérêts géopolitiques de la République islamique.

Cela nous amène à un autre type d’espion improbable que l’Iran emploie: des individus travaillant dans ses ambassades et consulats dans des pays étrangers, tels que des diplomates. Certains diplomates jouissent d’une immunité totale de poursuites, ce qui signifie qu’ils ne peuvent être ni emprisonnés ni obligés de témoigner devant un tribunal, même s’ils commettent les crimes les plus odieux, y compris comploter un acte terroriste ou commettre un meurtre.

C’est la raison pour laquelle les Pays-Bas ont dû expulser deux membres du personnel de l’ambassade iranienne dans leur pays l’année dernière au lieu de porter plainte contre eux. En d’autres termes, même dans le pire des scénarios, le régime iranien remporte une victoire, car il n’atteint pas ses objectifs uniquement par l’intermédiaire de ses diplomates, il les récupère également s’ils se font prendre en flagrant délit. Ensuite, le régime ne fera que remplacer les diplomates expulsés par de nouveaux.

Outre le scandale causé par les deux diplomates aux Pays-Bas, un diplomate iranien basé à Vienne aurait été à l’origine d’un complot à la bombe visant un vaste rassemblement de défenseurs des droits de l’homme et d’hommes politiques qui manifestaient contre la République islamique à Paris. Le rassemblement était organisé par le Conseil national de la résistance iranienne. C’était l’un des rares cas dans lesquels le diplomate iranien Assadollah Assadi avait été arrêté, avec deux autres.

Néanmoins, les autorités iraniennes recourent astucieusement à la carte d’immunité. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Bahram Qassemi, et le chef de la Force Qods soutiennent leur argument selon lequel Assadi jouit de la pleine immunité diplomatique. Le régime iranien exploite l’article 40 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 et exige sa libération.

Il est totalement hypocrite de la part de l’establishment théocratique iranien d’exiger l’immunité des membres de son ambassade, accusés d’avoir participé à des complots terroristes, alors que son régime est connu pour avoir saccagé les ambassades étrangères à Téhéran – celles du Royaume-Uni et de l’Arabie saoudite – pour aucune raison, ainsi que de prendre des diplomates en otage.

Le régime iranien intensifie ses tentatives d’attaque contre l’Occident, ses espions intensifiant leur travail aux Etats-Unis et en Europe. Ils ont juré d’infliger des dégâts importants. L’Occident doit redoubler d’efforts pour perturber les réseaux d’espionnage iraniens.

Dr. Majid Rafizadeh est un politologue irano-américain diplômé de Harvard. Il est un expert de premier plan sur la politique étrangère de l’Iran et des États-Unis, un homme d’affaires et président du Conseil international américain. Il siège aux conseils d’administration de la Harvard International Review, du Harvard International Relations Council et de la Chambre du commerce et des affaires États-Unis / Moyen-Orient. Twitter: @Dr_Rafizadeh

Avertissement: Les opinions exprimées par les auteurs de cette section sont les leurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d’Arab News.

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