L’importance de la visite du président irakien à Riyad

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Heure: Novembre 17,2018

Le président irakien Barham Salih. (Reuters)

Les aspirations de l’Iraq et de l’Arabie saoudite en matière de relations bilatérales varient énormément d’un espoir de coopération totale à un niveau de simple acceptation de la diplomatie traditionnelle. La visite du nouveau président irakien, Barham Salih, à Riyad intervient à un moment où il est nécessaire de redynamiser les relations afin de refléter l’évolution de la situation au niveau régional et interne en Irak.
Le premier engagement officiel de Salih depuis son élection par le Parlement irakien est une visite du Golfe, et sa visite à Riyad marque la grande conclusion. Le Royaume aurait été la première étape de la tournée, a déclaré l’un des assistants du président irakien, sans les visites précédemment prévues du roi Salman dans les régions d’Arabie saoudite. Ainsi, Salih arrive en Arabie Saoudite avec une bonne compréhension des dernières positions politiques des États voisins de l’Irak.
L’ère de la nouvelle présidence irakienne a commencé et elle appelle à l’optimisme pour achever le voyage et traverser le pont sur l’abîme infesté de mines d’Iran, de Syrie et du terrorisme. Heureusement, la présidence précédente a réussi à éviter un abîme. Salih recherche la solidarité des pays voisins, ainsi que leur respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de son pays. Il ne veut pas que l’Irak soit un passage pour les armées ou un champ de bataille pour les guerres régionales.
En effet, les crises de l’été dernier ont montré la diversité des défis auxquels le nouveau gouvernement de Bagdad était confronté, au-delà des milices transfrontalières iraniennes, des milices irakiennes soutenues par l’Iran et des vestiges brisés de Daech et de leurs évadés ayant fui la Syrie. Outre toutes ces questions, l’ancien gouvernement devait faire face à des crises pas moins graves, notamment l’indignation du public face à la contamination de l’eau et aux pannes d’électricité. Le nouveau gouvernement est confronté aux mêmes crises – relations enracinées avec Téhéran et eau polluée. Un effort politique considérable sera donc nécessaire pour assurer la sécurité, la stabilité et les services publics quotidiens, ainsi que pour lancer le processus de développement.

Parmi les six pays voisins de l’Iraq, l’Arabie saoudite est le plus capable d’aider les autorités iraquiennes à progresser sur la voie du développement économique. Dans son discours à la dernière conférence sur les investissements, le prince héritier Mohammed bin Salman a classé l’Irak parmi les pays de la région censés connaître un succès économique croissant.

« Parmi les six pays voisins de l’Iraq, l’Arabie saoudite est le plus capable d’aider les autorités iraquiennes à progresser sur la voie du développement économique ». Abdulrahman Al-Rashed

Au propre comme au figuré, l’Irak se retrouve coincé entre deux voisins concurrents : l’Arabie Saoudite et l’Iran. Les relations tripartites entre Riyad, Bagdad et Téhéran sont enchevêtrées et complexes. Il reste à voir comment les hauts responsables irakiens décident de définir cette relation et de traiter avec les deux gouvernements. En outre, tant les Saoudiens que les Iraniens considèrent l’Iraq comme un prolongement géopolitique et une première ligne de défense et estiment qu’il pourrait constituer à la fois une source de stabilité et d’instabilité.
Cependant, malgré les similitudes dans leurs visions, les différences entre les pratiques conflictuelles des voisins de l’Iraq sont claires. L’Arabie saoudite souhaite que l’Iraq se rende en Syrie, en Turquie et en Asie centrale, à travers lequel peuvent passer les bus de pèlerins, les food trucks et les produits industriels. L’Iran veut utiliser l’Iraq comme une « autoroute » pour le transport de militants et d’armes, ainsi que pour le financement de ses guerres dans la région.
Riyad veut que l’Irak soit stable et prospère, ce qui est sa vision de l’Égypte, afin de pouvoir faire pression sur Bagdad pour sécuriser ses frontières et entretenir des relations commerciales prospères. Le régime iranien veut que l’Iraq reste une « vache à lait » afin de pouvoir continuer à contester les sanctions économiques occidentales et à financer les activités de la Force Qods, du Hezbollah et d’autres en Syrie et au Liban. Telles sont les pratiques du régime du dirigeant suprême iranien en Afghanistan et au Pakistan, auquel il exporte du chaos, des militants et des armes.
L’Arabie saoudite peut être un partenaire économique majeur qui contribue au redressement de l’Iraq et renforce la stabilité de son autorité centrale au lieu de le laisser tomber sous le contrôle des seigneurs de la guerre d’Iran. Plus tard, l’Iraq pourrait peut-être jouer un rôle dans les sanctions économiques post-américaines en poussant Téhéran vers la modération au lieu d’ouvrir les frontières pour lui permettre de détruire des pays et de mener des guerres.
Le président Barham Salih a eu une carrière politique et gouvernementale distinguée et nous le connaissons comme le symbole d’un Irak uni et moderne. Il a une histoire politique franche, libre de tout conflit sectaire et ethnique, et la plupart de ses idées ont été mises en œuvre sous forme de projets de développement, d’éducation et de coexistence sur le terrain.
J’ai eu le privilège de travailler en étroite collaboration avec lui au sein du conseil d’administration de l’université américaine du Kurdistan, qui a ouvert ses portes à tous les Iraquiens et a continué à fonctionner durant le sommet du terrorisme et des conflits locaux.

Cet article a été publié pour la première fois dans Arab News

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